Ma reconversion en poterie

Voici ma reconversion dans la poterie… Certaines rencontres changent la vie…Surtout accompagné d’un brin de folie!

Il était une fois… Un poisson d’avril de 1986, un brin bretonne, un peu turc. Née de famille Besnard, mon attrait pour la terre a toujours sonné comme une évidence. Née de famille Podeur, mon attrait pour les pots semble aussi raisonner ! Podeur est un nom de famille breton qui signifie potier, du mot Pod, le pot !

Ma découverte de la poterie

Je crois qu’en vrai mon attrait pour la poterie a débuté en entrant à la fac. J’ai toujours été une bricoleuse, passionnée de bidouille depuis l’enfance. Mais c’est en entrant à la fac et en travaillant sur les marchés le week-end que j’ai pu me payer mes premiers cours de céramique dans une association à Rennes !  J’ai appris en parti à faire du coulage et du modelage. J’avais le droit de faire du tour, il n’y avait que moi qui souhaitait en faire ! Mais il fallait qu’il fasse beau et que je me mette dehors pour ne pas salir l’atelier…

Une amie !

Suite à ce premier contact avec la terre, je n’ai réussi à réitérer l’expérience les années qui suivirent… C’est en 2011 lorsque j’habitais en Corse que j’ai rencontré la personne qui deviendra ma « mentor » ! Du nom de Léa Maréchal, cette amie aujourd’hui, se lançait en 2011 dans une reconversion autour de la poterie. Elle était inscrite en 2012 en CAP tourneur. De 2012 à 2016 j’allais chez elle passer toutes mes vacances. Léa lançait son atelier de poterie à Coudrecieux dans la Sarthe. Et moi, je profitais de chacun de mes congés pour aller apprendre à tourner à ses côtés.

A cette époque j’étais géomaticienne à Auray, je travaillais pour les ostréiculteurs. Je travaillais sur le cadastre maritime et malgré ce boulot en or, je commençais déjà à en avoir un peu marre de passer ma vie devant un écran d’ordinateur. Et oui en effet, mes cours de facultés étaient des cours en extérieur, des sorties, des métrées de terrain, des reconnaissances paysagères… Mais, arrivé dans le milieu du travail on se rend vite compte que tout se fait sur ordinateur…. Et moi ça ne me convenait plus. Léa m’a rendu complètement autonome. Elle m’a appris tout ce que je devais savoir pour pouvoir lancer mon atelier… Mais, à cette époque là ce n’était encore pas mon intention !

En 2015, je voulais trouver un endroit ou perfectionner mes connaissances en céramique… J’ai donc fait le tour des potiers vers chez moi, je me suis rendu au 15 Août chez Barbotine…

Et là…. Ma reconversion dans la poterie a commencé…

Des rencontres…

Suite cette première rencontre, Laurent, le potier qui était dans cette entreprise se demandait ce que je faisais ici ! Sa femme, très avenante, Béatrice, m’avait dit de revenir en septembre. Je leur avais dit que je souhaitais apprendre à tourner et si possible tourner chez eux en échange de ranger, ou de les aider si besoin…

Il faut savoir que depuis 2013 je fais partie d’un groupe de batucada. C’est de la musique Brésilienne, un vrai bonheur. Cet ensemble musical rassemble vraiment beaucoup de monde. Et cela m’a permis de me faire un réseau d’amis dans le coin. Je venais d’arriver dans le Morbihan et je ne connaissais pas encore grand monde. C’est vraiment grâce à ce groupe que j’ai fait de merveilleuse rencontres et en particulier Camille et Valérie !

Un cap à franchir !

Durant l’été j’ai dit à Camille que j’avais été voir le potier du giratoire de Kergroix. A ce moment là, Camille m’a dit que c’était son oncle ! Je suis donc retourné en septembre en me présentant comme l’amie de Camille. Ce n’était plus la haute saison et Laurent et Béatrice m’ont ouvert les portes de leur atelier ! Durant un an je venais un soir ou deux par semaine après le travail. Ils m’ont appris à tourner de manières différentes. Les fonctionnements et méthodes de Laurent étaient beaucoup plus rustiques mais surtout plus rapides que ceux que je connaissais. Bref, prise dans ce jeu, Béatrice m’a laissé une petite place dans leur boutique pour exposer le pièces que j’avais fabriquées avec eux ! Je les remercierai jamais assez.

Tourner, tourner, toujours tourner…

Le désir de tourner d’avantage se faisait de plus en plus fort. C’est en avril pour mes 30 ans que mes amis et ma famille se sont cotisés pour m’acheter mon premier tour ! A partir de ce moment la j’ai décidé de réduire mon temps de travail salarié. Je suis donc passé à 75%. Nous habitions Crach, j’ai installé mon tout premier atelier dans la buanderie, dehors… Je bidouillais entre le congélateur et les planches de surf mais j’étais bien.

Petit à petit…

En aout, j’ai monté mon deuxième atelier avec mon père dans un abri de jardin en bois. L’abri de jardin faisait 9m², le grand luxe ! Nous l’avons isolé et installé dedans mon tour ainsi que le petit matériel que j’avais acquis pour commencer.
Je me suis vite rendu compte qu’une reconversion dans la poterie ne peut se faire sans four. Ma mère m’a donc prêté de l’argent pour m’acheter mon premier petit four.

Pour l’anecdote les premières cuissons étaient de l’ordre d’une navigation en mer. Toutes les deux heures je me réveillais pour aller voir si le cabanon n’était pas en feu. La puissance que nous avions au compteur électrique était beaucoup trop faible pour le four. Du coup on ne pouvait ni allumer le four ménager, ni les chauffages et les lumières de la maison baissaient en tension dès que le four était en marche. Après avoir fait cramer une rallonge électrique dans le cabanon, mon père qui est venu me faire un montage électrique adapté et à partir de ce jour la production était lancée !

Quand faut y aller !

En septembre 2016, Camille m’a proposé de reprendre l’atelier de son oncle. Laurent souhaitait partir à la retraite. Valérie qui était en pleine reconversion aussi en tant que tapissière d’ameublement faisait aussi partie du projet. A ce jour, je n’étais pas entièrement prête à quitter mon boulot de géomaticienne plutôt bien payé… C’est donc en octobre que j’ai fait le choix de demander une rupture conventionnelle et de franchir le cap. Mon directeur et mon équipe ont été au top et ils ont tout fait pour que je fasse ma reconversion dans la poterie dans de bonnes conditions pour ouvrir mon entreprise. Les étoiles étaient alignées, j’ai donc signé la rupture début avril 2017 !

Nous avons fait deux mois de travaux dans l’ancien atelier de Laurent et Béatrice et c’est en juin 2017 que nous avons ouvert le bOcal avec beaucoup de stress mais surtout immensément de joie ! Par la suite nous avons toujours été très soutenues par nos familles, nos amis et nos amoureux qui nous ont aidées soit pendant les travaux soit financièrement à monter ce projet.

Voilà maintenant plus de 8 ans que notre aventure suit sa route avec bien évidemment des hauts et des bas mais beaucoup de joie et aucun regrets !

Ouverture de la boutique en 2017

Le bOcal en 2024

Je ne remercierai jamais assez ma famille et mes amis de m’avoir soutenue et surtout à mon pilier, Clément, d’avoir supporté tout cela avec moi sans jamais courber…

Merci, Marion

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