Depuis 2018, je donne régulièrement des cours d’initiation à la poterie et à la céramique par le tour ou le modelage. C’est une partie de mon travail qui me plaît énormément. Donner des cours, c’est avant tout partager sa passion avec les autres, faire découvrir ce riche matériau qu’est la terre, les techniques, les différentes étapes de production et laisser les personnes apprivoiser la terre et le tour.
La plupart des stagiaires souhaitent s’initier au tour. En effet, cette technique, à l’approche relativement simple, peut être rapidement satisfaisante. Cette mini-usine permet de fabriquer des pièces cylindriques avec une intervention humaine relative. Je commence toujours par prendre le temps de discuter avec les stagiaires, de connaître leurs expériences avec la terre ainsi que leurs envies. Je peux, lors de ces échanges, réajuster, si besoin, la faisabilité des souhaits exprimés!
Le tour détient cet aspect assez fascinant de rendre visuellement très simple son utilisation. Néanmoins, une fois que nous y sommes assis, et qu’il tourne, tout ne se passe pas toujours comme prévu… Mais c’est un outil extrêmement attrayant, et lorsque les stagiaires comprennent son fonctionnement, ses exigences comme ses atouts, la satisfaction de voir monter l’objet entre ses mains est tout à fait réelle.
Déroulé de l’atelier
Découverte du grès
Les cours d’initiation à la poterie et à la céramique débutent par une présentation de la terre en tant que matériau. Chaque stagiaire doit ensuite préparer sa propre balle de terre. Pour commencer, on fait ce que l’on appelle « le bélier »: cette manipulation de la terre consiste à mettre en place les molécules de terre dans un ordre bien défini pouvant varier si l’on est gaucher ou droitier sur le tour. Le bélier permet aussi d’éliminer les bulles d’air contenues dans la terre. Cette préparation est essentielle, c’est la première étape du façonnage. En poterie, certaines étapes, pouvant paraître superflues, sont indispensables dans le cheminement vers la création de l’objet.
Faire connaissance avec le tour
Après la préparation du grès, je me mets au tour et montre, de manière très rapide, les différentes étapes de fabrication d’une petite tasse d’environ 250 grammes. On centre la terre, on creuse, on ouvre. Puis on fait les premières montées, on donne la courbe finale à sa pièce et on enlève la barbotine à l’aide d’une estèque.
Une fois que j’ai montré toutes les étapes en les décrivant de manière succincte, les stagiaires peuvent prendre place sur le tour. Ainsi commence leur initiation. Par la suite, c’est moi qui prépare les balles de terre. Parfois certains stagiaires venant régulièrement tentent eux-même de préparer leur propre terre.
A votre tour…
Et voilà, c’est parti, on mouille bien les mains, la terre et que la patouille commence. Les stagiaires commencent par sentir la terre tourner entre leurs mains. Puis, ils essaient de la centrer. Le centrage est l’étape fondamentale du tournage. Si la pièce est mal centrée, jamais elle ne montera. Je propose souvent aux stagiaires de faire deux ou trois montées de terre en quille pour centrer eux-même. Mais bien souvent je fais la dernière afin d’être certaine que leur balle de terre soit bien centrée. Par la suite, les stagiaires peuvent commencer les différentes étapes du tour: creuser, écarter, monter…
En général, je reste derrière eux afin de les guider au mieux. Je peux aussi les laisser seuls face à leur tour si je vois que ma présence peut les déconcentrer… Les deux heures passent très vite! Une fois les pièces terminées, on les met à sécher. Je propose alors aux stagiaires de choisir et de conserver une pièce par heure effectuée.
Et ensuite…
L’émaillage
Actuellement, c’est moi qui fait les émaux. Bien sûr, l’émaillage fait partie intégrante du travail de céramique, mais j’ai eu trop de dégâts dans mon four et sur le matériel pour prendre le risque de continuer. Un émail coulé sur une de mes plaques, représente plusieurs heures de meulage et de ponçage!
Quand les stagiaires sont inscrits sur deux jours consécutifs, ils peuvent, le lendemain du tournage, tournasser leur pièce c’est-à-dire manipuler de nouveau la pièce légèrement séchée. La pièce tournée est à l’envers sur le tour et, avec des mirettes coupantes, ils peuvent affiner le pied, enlever les surplus de terre et lui donner une forme finale souvent beaucoup plus affinée Lors de ce deuxième cours de poterie et de céramique, les stagiaires peuvent aussi coller les anses ou dessiner à l’engobe sur leurs pièces si ils le souhaitent.
Un moment hors du temps
Les stagiaires apprécient vraiment ces moments, qu’ils soient seuls ou accompagnés de famille ou d’amis. Sur le tour, l’esprit est accaparé et le travail de la terre est particulièrement relaxant. De nombreuses personnes savourent cette pause spatio-temporelle avec la terre et l’eau. Le feu, j’en fais mon affaire !
Le tour est très hypnotique et s’il vous envoûte, vous aurez vraiment envie d’y revenir.. Beaucoup de stagiaires sont happés par cette activité.
Mais il ne faut pas oublier que la poterie est avant tout un métier. En effet, elle demande beaucoup de matériel coûteux et que bien que l’on puisse travailler la terre chez soi, la cuisson et l’émaillage nécessitent d’autres installations. Je n’ai aucunement la prétention de former des personnes à devenir potier. Je souhaite seulement proposer un agréable moment dans mon atelier et faire découvrir des sensations que seule la terre sur un tour peut apporter. La satisfaction de fabriquer soi-même un objet que l’on pourra retrouver chaque matin empli de café est vraiment réelle.
J’aimerais, dans un futur pas trop lointain, donner davantage de cours d’initiation à la poterie et la céramique. Mon atelier est, et reste avant tout un atelier de production et ne me permet pas d’accueillir des stagiaires toutes les semaines. Je continue mes recherches d’un espace qui me permettrait d’accueillir plus de 2 personnes à la fois. Je pourrais ainsi mettre en place des cours à l’année. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant si ce projet évolue.
Marion – Atelier de poterie Pod’art
